Jalons de la vie et sacrements
– page mise à jour le 11/11/2007 –
L’Eglise Réformée accompagne les chrétiens par des cultes spécifiques à travers les moments forts de leur vie, heureux ou malheureux, depuis le baptême jusqu’aux obsèques. Certains gestes ont été institués par Jésus, nous les appelons sacrements.
Les sacrements : Baptême et sainte cène
Les protestants ne reconnaissent que deux sacrements, le baptême et la Cène ou Communion (l’Eucharistie), contrairement aux catholiques qui en comptent sept. Le mot sacrement n’existe pas dans la Bible, mais les protestants retiennent les deux gestes que Jésus a pratiqué.
Jésus a été baptisé par Jean-Baptiste. Il invite ses disciples à faire de toutes les nations des disciples en les baptisant…(Matthieu Chapitre. 28, verset 19).
Il institue la communion, au cours du dernier repas (Cène) qu’il prend avec ses disciples avant d’être livré et arrêté pour être condamné à mort et crucifié (Matthieu Chapitre. 26, versets 26 et suivants).
Les sacrements, selon la formule de Jean Calvin, sont les signes visibles de la grâce invisible. Ils n’ont de sens que reçus dans la foi. Ils n’ajoutent rien à la Parole de Dieu, ils ne font que l’attester. Un culte sans prédication est extrêmement rare (on peut célébrer des cultes liturgiques avec lecture de la Bible). Un culte sans Sainte Cène est courant, alors qu’il ne peut y avoir de messe sans Eucharistie.
Là où la Parole de Dieu est correctement prêchée et les sacrements correctement administrés il y a Eglise, disent les protestants à la suite des Réformateurs.
Le baptême
Avant Jésus, il existait des groupes qui pratiquaient un baptême de purification (Jean-baptiste par exemple : évangile selon Matthieu Ch. 3). Il fallait être baptisé pour être purifié et agréé par Dieu.
Avec Jésus, le baptême ne purifie pas, il atteste et signifie que l’homme lui-même ne peut se purifier mais que Dieu, de sa propre initiative le considère et l’accueille par amour et non en raison de ses mérites.
Autrefois le baptisé était plongé dans l’eau et il en ressortait, symbolisant ainsi la mort et la nouvelle naissance en Jésus-Christ. Aujourd’hui, par simplicité, on verse quelques gouttes d’eau sur le baptisé mais la signification est la même.
Le baptême est pratiqué sur l’enfant ou l’adulte au cours d’un culte public. Catholiques, protestants réformés et luthériens reconnaissent qu’il n’y a qu’un seul baptème.
Le baptème nécessite une préparation avec un pasteur ou un prédicateur laïc.
La pratique du baptême dans notre Eglise :
Aujourd’hui il reste un rite d’entrée, d’accueil dans la vie, et dans la communauté ecclésiale. L’Eglise réformée le célèbre en principe pour tous les enfants dont les familles ont demandé ce sacrement. Parmi les jeunes qui font leur catéchisme, certains ne sont pas baptisés : il est fréquent qu’ils demandent le baptême à l’âge de 16 ans, au moment où les autres ont la possibilité de confirmer leur baptême. Enfin, il arrive que des adultes qui redécouvrent un chemin de foi demandent le baptême. Il n’y a donc pas d’âge limite pour vivre ce sacrement !
Le baptême : plus qu’une tradition familiale
Parmi les parents qui demandent le baptême pour leur enfant, beaucoup ne sont pas des chrétiens pratiquants.
Le baptême est vécu d’abord comme une fête de famille : il célèbre la naissance d’un petit enfant autour duquel on se retrouve. Il exprime aussi la volonté des parents de suivre la tradition familiale, d’élever leur enfant selon un idéal de vie, et manifeste leur désir que leur enfant partage leurs valeurs et leurs principes moraux. Ils veulent lui transmettre ce qu’ils ont reçu.
Le sens du baptême dans la tradition protestante
Les différents textes bibliques nous invitent à comprendre le baptême dans trois directions :
- C’est le signe de l’entrée dans la famille des chrétiens (place qui restera toujours prête). (Matthieu 28, 19 ; Galates 3, 27-29)
- C’est le signe privilégié de l’amour de Dieu (que rien ne peut diminuer)
- C’est le signe d’une vie vécue en relation avec Jésus-Christ mort et ressuscité : le baptême opère une nouvelle naissance et ouvre un chemin vers la foi.
C’est donc aussi un acte de conversion et d’engagement (Actes 2, 38 ; Romains 6, 3-4 ; Tite 3, 5)
D’après un texte des Eglises Réformées suisses.( Karin PHILDIUS, pasteure EREN et Nils PHILDIUS, pasteur EPG.)
La présentation
Certains parents veulent laisser le choix à l’enfant devenu mûr ou adulte de demander le baptême. La présentation est pour nous la réponse à une demande d’accompagnement religieux de ces familles à l’occasion de la naissance de leur enfant. Tout enfant est présenté dans l’espérance de sa demande du baptême. La présentation est faite à l’occasion d’un culte dominical au sein d’une communauté de l’Eglise Réformée, elle implique l’engagement de celle-ci, en même temps que l’engagement des parents.
La Cène
Comme le baptême, la Cène est signe de l’amour de Dieu. Elle est célébrée en mémoire de Jésus. Elle rend présent à notre mémoire ce qu’a coûté à Dieu son amour pour l’homme : la mort de son fils.
Elle signifie cet amour qui ne coûte rien aux hommes. Elle est signe de la gratuité de l’amour de Dieu. La communion avec Dieu est rendue possible sur la base de cette “ grâce ”.
La cène se reçoit, dans le pain (qui reste du pain) et dans le vin (qui reste du vin).
Partager le pain et le vin c’est communier avec Dieu et communier les uns avec les autres.
Partager le pain et le vin c’est s’engager avec Dieu dans son projet pour le monde parce qu’il s’est lui-même engagé pour nous.
Jésus invite tout le monde à la table de communion, personne ne peut en être exclu. Il importe seulement de comprendre ce que signifie le partage du pain et du vin.
Le mariage
Tout couple marié civilement qui le souhaite peut demander à recevoir la bénédiction de Dieu sur son mariage.
Pour l’Eglise réformée, le mariage n’est pas un sacrement. Il est constitué par l’engagement d’un homme et d’une femme qui ont décidé de vivre leur amour dans la continuité. Le mariage civil donne à cet engagement son caractère public et la protection du droit. La cérémonie religieuse place le couple sous la bénédiction de Dieu, à l’écoute des promesses et des exigences de la Parole de Dieu. Par là est soulignée la dimension de fidélité à l’alliance et d’unicité de cette relation.
En cas d’échec d’une union précédente (divorce), un nouveau projet peut se construire sous le regard de Dieu.
Si tel est le souhait des conjoints, rien ne les empêche alors de demander à l’église de recevoir la bénédiction de Dieu sur leur nouveau couple.
Les obsèques et le culte de consolation pour une famille en deuil
Le service d’inhumation, appelé « culte de consolation » ou parfois « culte d’action de grâce », est, pour des chrétiens protestants, un culte rendu à Dieu. S’adressant à la famille en deuil et aux amis présents, il est l’occasion d’une annonce de l’évangile de Jésus-Christ et d’une affirmation de l’espérance qui est au centre de la foi chrétienne : celle de la résurrection. Ce service se veut message de consolation et affermissement dans la foi pour les endeuillés ; il souligne l’ouverture sur la vie, l’espérance chrétienne et l’amitié attentive de la communauté de l’église. Il n’existe aucun rite particulier impliquant le défunt. Si la présence du cercueil n’est de ce fait ni utile, ni nécessaire, elle est bien sûr toujours possible si la famille le désire.
La crémation est un choix possible, tout aussi valable que l’enterrement, et qui ne remet pas en cause les affirmations de la foi chrétienne.
Le service religieux peut avoir lieu au temple, ou encore au funérarium ou au crématorium. Il peut également se passer directement au cimetière. Le message de l’officiant, les prières, le chant des cantiques, tout prend place là, en plein air, conformément à une manière de faire traditionnelle dans beaucoup de familles protestantes.
Rappelons qu’un entretien préalable avec l’officiant est indispensable, pour permettre à la célébration d’être préparée dans le respect de la personnalité du défunt, des souhaits de la famille, des principes et des disponibilités de l’église locale.

