Archives

Café Théo du 13 décembre – L’Apocalypse ou la fin dernière

Don Edouard nous présente d’abord le père Don Guillaume qui vient du sanctuaire de Notre Dame de Montligeon (Orne) qui prie spécialement pour les âmes du purgatoire. C’est donc un spécialiste des fins dernières.

Le pasteur Jean-Christophe Perrin présente ensuite le livre de l’Apocalypse, dernier livre de la Bible dont nous parlons aujourd’hui. Apocalypsis signifie en grec la levée du voile, révélation. L’Apocalypse fourmille de symboles, chiffres, références à l’Ancien Testament. Il y a beaucoup d’allusions au livre de l’Exode, les 10 plaies d’Egypte, le passage de la mer Rouge. Les mots « Je suis, j’étais, je viens » sont à rapprocher du nom Yahvé de la Bible, on retrouve la destruction de Babylone dans Esaïe et d’autres prophètes etc. Les chiffres sont également symboliques: 7 est le chiffre parfait (les 7 églises, les 7 sceaux), 3 est le chiffre de la trinité. 4 est le chiffre des quatre cavaliers de l’Apocalypse qui amènent chacun une catastrophe. 12 est le chiffre des apôtres, des 12 tribus d’Israël. Le nombre des élus est de 144 000. C’est un symbole, 1000 signifie l’infini, 144000 signifie la multitude. 666 est le chiffre de la Bête. On a voulu reconnaître sous ce chiffre de nombreux tyrans, tel Néron, Hitler etc…

Pour le pasteur, le thème central de l’apocalypse est la révélation de Jésus Christ. Il est venu, il a assumé la nature humaine, il a vaincu la mort. C’est l’espérance que Dieu pourra être vu par tous. Les catastrophes sont secondaires. Le monde n’est pas voué à la destruction et à la mort mais à quelque chose de beaucoup plus glorieux. A la fin de l’apocalypse apparaît une ville, la nouvelle Jérusalem, identifiée à Jésus. Aujourd’hui il y a très peu de gens qui s’attendent au retour du Christ, pour eux l’apocalypse c’est la fin du monde. Don Guillaume ajoute : « Le Christ est la fin de tout. Les Évangiles sont aussi une révélation. L’apocalypse c’est le même mystère du Christ que les Évangiles »

Le pasteur lance le débat. « Qu’est ce que ça veut dire pour vous ? Est-ce que ce terme d’apocalypse annonce des catastrophes » ?

Une première personne se lance. « Dans mon esprit l’apocalypse c’est le chaos. Je ne sais pas pourquoi on a perdu aujourd’hui ce sens de révélation de Jésus. »

Le pasteur répond : L’idée du jugement dernier est bien présente, y compris dans les Évangiles. Dès l’incendie de Rome sous Néron les chrétiens y ont vu un signe de la fin des temps. On a connu des frénésies millénaristes en l’an 1000 et même en l’an 2000. Si on perd l’espérance d’un monde transcendant, on ne retient que la peur de destruction du monde par l’homme lui-même. Don Guillaume ajoute : « au moyen âge on pouvait représenter sans crainte des scènes de destruction, mais tant qu’on a la foi on sait très bien que tout passe, on attend autre chose. Si on perd la foi on ne garde plus que des images de destruction.»

Plusieurs personnes croient au jugement dernier, comme à un retour glorieux du Christ où chacun verra son péché individuel. Pour eux la fin des temps n’est pas nécessairement la fin du monde, mais la fin du mal.

Une autre personne mentionne que l’apocalypse c’est peut être la fin du monde à cause des hommes, mais tout cela rentre dans un plan de Dieu. Il y a une suite, qu’on ne connaît pas mais qu’on espère. Pour Don Guillaume la fin des temps n’est pas la fin du monde réellement. Tout ce que Dieu a créé est conservé.

D’autres disent que l’apocalypse annonce aussi des choses proches. 666 désigne la bête, mais aussi la dynastie des Hérode, les persécutions de Néron. Ce livre voulait aussi être un encouragement pour les premiers chrétiens.

D’autres croient à une évolution de l’humanité vers plus d’amour, et trouvent que le livre de l’apocalypse n’a plus beaucoup de sens au 21eme siècle. Pour eux Dieu est amour, et l’humanité est en progrès. Ce n’est pas un problème de technologie, mais une question d’amour. Les hommes préparent ce monde meilleur. Quelqu’un déclare : « Le jugement dernier c’est une éthique. Ce qui est intéressant c’est le bien qu’on fait au plus petit d’entre nous (cf. Mathieu 27). L’apocalypse, c’est un beau livre, mais c’est du détail. ». Plusieurs voient des signes de progrès de l’humanité dans nos acquis sociaux, par exemple la suppression de l’esclavage. Ils voient des améliorations visibles vers plus de tolérance, moins de racisme.

Certains encore disent que pour changer l’homme, le monde, il faut vraiment une intervention divine. On voit l’égoïsme à tous les âges, il n’y a que Dieu pour l’extirper, même les enfants peuvent être mauvais. On n’a pas besoin d’une catastrophe. Don Guillaume dit qu’il ne croit pas au progrès de l’amour. On est tous capables d’aimer, mais aussi de se tromper, de faire la guerre. Même nos progrès sont relatifs, par exemple l’esclavage n’était pas toujours dégradant à la période de Rome. Pour lui, l’espoir est d’abord dans le Christ. Ce n’est pas pour bâtir un monde meilleur pour nos enfants, mais pour que tous les hommes puissent connaître le Royaume de Dieu.

Le pasteur conclut : L’apocalypse signifie une révélation du Christ plutôt qu’une fin réelle. La fin dernière est spirituelle, mais quelqu’un a souligné qu’elle est de plus en plus considérée comme une catastrophe que l’homme peut provoquer (guerre, terrorisme pollution). Sur la question « l’être humain peut-il détruire le monde ou le sauver ? », les avis sont partagés :
- Certains pensent qu’il peut y avoir un espoir dans le progrès, dans l’homme. On souligne le 60eme anniversaire des droits de l’homme, des progrès de morale.
- D’autres désespèrent et pensent que seul Dieu peut changer le monde.

La vérité est sans doute entre les deux, on ne peut pas tout attendre de Dieu, on ne peut pas tout attendre de l’être humain. L’apocalypse se situe au-delà du temps, car on voit Dieu face à face. La foi c’est espérer au milieu de la désespérance. Si il y a quelque chose qui caractérise notre époque, c’est bien ça, on n’a plus d’espérance.

Voir aussi l’ article de préparation du Café Théo (bibliographie)

Prochain café Théo = le 28 février à 20h30, toujours à la brasserie de l’Etoile, sur le sujet Science et religion les deux sont ils incompatibles ?

Philippe Riglet

Comments are closed.